PLAUZAT

On traverse Plauzat sans toujours le soupçonner. Pourtant, derrière la grande place et sa fontaine aux lions, les ruelles resserrées dessinent l’un des trésors les plus typiques de l’Auvergne : un fort villageois, ces forteresses de poche où, au temps de la guerre de Cent Ans, tout un village mettait à l’abri ses grains et ses vies. Autour, une église romane fortifiée classée depuis 1862 et neuf siècles d’histoire seigneuriale.

Le tout à moins de dix kilomètres de Saint-Saturnin, un petit quart d’heure de route, aux portes de la petite Limagne.


UN FORT VILLAGEOIS AU CŒUR DU VILLAGE

Le cœur de Plauzat est un fort villageois : un quartier fortifié bien délimité, adossé au nord à l’église Saint-Pierre et au château, et cerné sur les autres faces par une auréole de maisons et de rues en arc de cercle. Dans les venelles resserrées, on lit encore le plan ancien. Aujourd’hui, l’ensemble appartient pour près de 80 % à la commune ; l’église et l’aile ouest du château font l’objet d’une restauration.

Qu’est-ce qu’un fort villageois ?

Une fortification collective construite sur une faible surface pendant la guerre de Cent Ans (XIVe-XVe siècles). L’Auvergne en compte environ 180, surtout le long de l’Allier — une spécialité de la Limagne. À l’intérieur, l’espace est divisé en loges, de minuscules cellules où chaque famille entreposait ses grains et ses biens et pouvait se réfugier à l’abri des murs quand le danger approchait, en échange d’un service de guet et de garde. La paix revenue, beaucoup de forts sont devenus des celliers — comme à Plauzat, où les loges servaient de caves aux XVIIe-XVIIIe siècles.

Le fort se visite librement, et l’association « Les Amis du Vieux Plauzat » propose des visites guidées du village, de l’église et du petit musée. Le site étant ancien et en cours de sécurisation, restez prudent en parcourant les ruelles.

Ce qu’il ne faut surtout pas manquer

L’entrée principale du fort, que partage la très belle fontaine aux lions en lave de Volvic. De là, laissez-vous perdre dans les venelles concentriques qui enserrent l’ancien réduit fortifié : c’est en marchant qu’on comprend comment tenait, en si peu d’espace, tout un village replié sur lui-même.


L’ÉGLISE SAINT-PIERRE

Classée Monument historique dès 1862 — l’un des classements les plus anciens du département —, l’église Saint-Pierre était à l’origine la chapelle du château, avant de devenir église prieurale. Bâtie en arkose, elle est romane pour ses parties les plus anciennes (XIe-XIIe siècles). Sa signature : un chœur carré voûté en berceau et fermé par un mur droit — une disposition rare en Auvergne —, une nef principale flanquée de deux bas-côtés gothiques (XIIIe-XIVe) et un transept débordant à absidioles.

Deux détails valent le coup d’œil : une crypte ornée en son centre d’un puits sculpté, et, au-dessus de la croisée du transept nord, une chambre forte — cette pièce de refuge qui faisait de l’édifice une véritable église fortifiée, prolongement naturel du fort villageois. À noter : l’église est fermée pendant la durée des travaux de restauration ; renseignez-vous avant de venir.


LA FONTAINE AUX LIONS

Sur la place de l’église, à l’entrée du fort, la fontaine aux lions est l’image d’Épinal du village. De style Renaissance, taillée dans la lave de Volvic — cette pierre volcanique gris sombre qui a bâti tant d’édifices de la région —, elle est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. C’est le lieu le plus photographié de Plauzat, au point qu’un restaurant du bourg lui a emprunté son nom.


NEUF SIÈCLES D’HISTOIRE

Le nom de Plauzat vient du gallo-romain Plautius, suivi du suffixe -acum : le « domaine de Plautius ». Des haches de l’âge du Bronze et des traces romaines rappellent une occupation très ancienne. Mais c’est au Moyen Âge que le village prend sa forme.

À l’origine se trouvaient un château des comtes dauphins d’Auvergne et une église romane, ancienne possession des Latour et siège d’un double prieuré relevant de Sauxillanges et de Chantoin. Après la participation des comtes dauphins aux troubles qui suivirent la conquête capétienne, leur château fut confisqué, puis restitué en 1229-1230 à condition d’en détruire le donjon et de n’y élever aucune fortification pendant trois ans. Le fief passa ensuite, par mariage, aux Comtour d’Apchon, dont la maison forte, près de l’église, devint la résidence seigneuriale.

Une enceinte collective fut projetée et commencée avant le milieu du XIVe siècle — on se souvient de la porte Saint-Jean, et une porte méridionale a été détruite au XIXe. Avant le XVIe siècle, la communauté villageoise était représentée par un consulat. En 1580, le seigneur d’Apchon fit percer, contre la volonté des habitants, un passage dans le rempart et le fossé pour mieux desservir son château.

La démographie, elle aussi, raconte une histoire : de près de 1 900 habitants vers 1800, Plauzat est tombé à peine 600 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avant de remonter à quelque 1 680 habitants aujourd’hui.


LE MUSÉE DE LA VIGNE ET DE LA VIE RURALE

Dans la Limagne, la vigne et les métiers de la terre ont longtemps rythmé le quotidien. Le musée de la Vigne et de la Vie Rurale, animé par l’association du Vieux Plauzat, en conserve la mémoire : outils, objets d’autrefois, gestes du vigneron. Ouvert les dimanches après-midi en été, c’est le complément idéal d’une visite du fort et de l’église.

En pratique

  • Depuis Saint-Saturnin : moins de 10 km, un quart d’heure de route. Accès à l’A75 par la D978, à ~20 km au sud de Clermont-Ferrand.
  • Le fort villageois se visite librement toute l’année (site ancien, en cours de sécurisation : prudence).
  • Visites guidées du village, de l’église et du musée par « Les Amis du Vieux Plauzat » ; village ouvert les dimanches de 15 h à 18 h, de mi-juin à fin septembre (ou sur rendez-vous).
  • Musée de la Vigne et de la Vie Rurale : dimanches 15 h-18 h, mi-juin à fin septembre ; 2,50 €, gratuit pour les moins de 18 ans.
  • L’église Saint-Pierre est fermée pendant les travaux de restauration : renseignez-vous avant de venir.
  • Venelles pentues et pavées : de bonnes chaussures sont recommandées.

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Photographies : saint-saturnin.com. Éléments historiques d’après le Conservatoire des forts villageois d’Auvergne et l’office de tourisme du Pays d’Issoire. Informations données à titre indicatif (horaires et travaux susceptibles d’évoluer). Page mise à jour en juillet 2026.

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