EN BALADE AUX ALENTOURS DE SAINT-SATURNIN

Saint-Saturnin se visite en une matinée. Ses environs demandent plusieurs jours. En moins de vingt minutes de route, on passe des lacs de barrage volcanique aux cratères de la chaîne des Puys, d’une abbaye bénédictine à un dolmen néolithique, d’un jardin à la française aux gorges les plus sauvages du secteur.

Voici les lieux que nous conseillons, classés par envie. Tous sont accessibles depuis le village en une demi-heure au maximum.

Sommaire


LES LACS VOLCANIQUES

Ils sont nés du même accident. Il y a environ 8 500 ans, les puys de la Vache et de Lassolas déversent une immense coulée de lave qui dévale vers l’est. Cette coulée — la cheire d’Aydat — barre la vallée de la Veyre et fait naître deux plans d’eau de part et d’autre du bouchon.

Le lac d’Aydat

65 ha · 15 m de profondeur · 850 m d’altitude · À une quinzaine de minutes

C’est le plus grand lac naturel d’Auvergne, et de loin le plus animé. Baignade surveillée en été, plage, catamaran, kayak, aviron, planche à voile, paddle, pédalo : tout ce qui flotte s’y pratique. Les pêcheurs y trouvent brochet, sandre, carpe, perche et truite.

Un sentier balisé de 5,5 km permet d’en faire le tour à pied ou à vélo, avec de belles échappées sur la chaîne des Puys. Depuis la rive nord, on aperçoit la petite île Saint-Sidoine. La zone humide attenante abrite une faune et une flore d’une grande richesse. Campings, restaurants et aires de jeux complètent le tableau : c’est la destination familiale du secteur.

Une villa romaine sous le lac ? Certains historiens situent ici l’emplacement d’Avitacum, la villa de Sidoine Apollinaire — sénateur, écrivain et évêque de Clermont au Ve siècle — qui en a laissé une description enthousiaste dans ses lettres. L’île du lac et l’église d’Aydat portent d’ailleurs son nom.

Le lac de la Cassière

861 m d’altitude · Le calme absolu

Le lac de la Cassière dans son écrin forestier

Le frère discret du lac d’Aydat, né de la même coulée mais de l’autre côté du barrage de lave. Son alimentation, faite d’eaux de ruissellement et de sources souterraines encore mal connues, provoque de spectaculaires variations de niveau d’une saison à l’autre.

Dans son écrin forestier, c’est au cœur de l’été un havre de fraîcheur, fréquenté surtout par les pêcheurs et les promeneurs. Si le lac d’Aydat vous paraît trop animé, c’est ici qu’il faut aller.


LES VOLCANS

Les puys de la Vache et de Lassolas

1 167 m et 1 187 m · Les plus jeunes volcans d’Auvergne

Les puys de la Vache et de Lassolas et leurs cratères égueulés

Deux volcans jumeaux de type strombolien, et les derniers à s’être éteints en France métropolitaine. Leurs cratères égueulés — éventrés d’un côté par la sortie de la lave — laissent voir des scories rougeoyantes qui contrastent violemment avec les coulées noirâtres et boursouflées épanchées à leur base.

Ces coulées, les « cheires », s’étendent sur une quinzaine de kilomètres jusqu’à Saint-Amant-Tallende — elles passent au pied de Saint-Saturnin. Le chaos rocheux est recouvert d’une lande où se mêlent genêts, genévriers, bruyères, bouleaux, pins et noisetiers.

Les rouges et les noirs de ces cônes viennent de l’oxydation du fer : plus la scorie est restée exposée à la chaleur du cratère, plus elle a rougi.

Accès modifié — vérifiez avant de partir

Troisième site le plus fréquenté de la chaîne des Puys, les puys de la Vache et de Lassolas font l’objet d’importants travaux de restauration destinés à protéger des sols volcaniques très fragiles. Depuis le printemps 2026, la boucle habituelle n’est plus praticable et un balisage temporaire guide les visiteurs.

Consultez le site du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne avant de vous déplacer : les conditions d’accès évoluent au fil du chantier. Le Parc propose par ailleurs des sorties guidées gratuites.


LA NATURE

Le plateau de la Serre

Aux portes du village · Août à octobre

Le plateau de la Serre, couloir de migration des oiseaux

C’est l’un des onze grands couloirs migratoires de France, et il commence au bout du village. Chaque année, entre août et octobre, de 250 000 à 400 000 oiseaux le survolent : cigognes, milans, hirondelles, venus de Scandinavie et d’Europe de l’Est, en route vers l’Afrique.

Le chalet de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) y organise observations, sorties nature, animations pour les enfants et jeux pédagogiques.
Téléphone : 04 73 36 39 79

Le meilleur moment : les matinées de fin septembre, par vent de nord. Prévoyez des jumelles — et un vêtement chaud, le plateau est venté.

Les gorges de la Monne

Site classé · Zone Natura 2000 · Au pied du village

Les gorges de la Monne, site classé

La rivière qui coule sous le château a creusé, en amont, un paysage abrupt, chaotique et sauvage. On a du mal à croire qu’un tel décor commence à quelques centaines de mètres des maisons.

Le lieu n’a pourtant pas toujours été désert : le pont et les ruines du village de Riberolles témoignent d’un peuplement ancien. C’est aujourd’hui un paradis pour les pêcheurs de truites fario, et une signalétique récente en facilite l’accès. Le GR 30 traverse les gorges au niveau du pont de Riberolles avant de monter vers Olloix.


LE PATRIMOINE

L’abbaye Notre-Dame de Randol

Accès par Saint-Saturnin · Fondée en 1971

L'abbaye bénédictine Notre-Dame de Randol, dans les gorges de la Monne

Une abbaye bénédictine contemporaine, accrochée au-dessus des gorges de la Monne dans un site d’une rudesse spectaculaire. L’architecture de béton et de pierre, souvent citée pour sa qualité, épouse la falaise.

Les offices sont ouverts au public : messes en chant grégorien et vêpres. L’acoustique et le cadre en font une expérience que même les visiteurs les moins portés sur la question n’oublient pas.
Téléphone : 04 73 39 31 00

Le château de la Batisse

Chanonat · Monument historique · Label Jardin remarquable

Le château de la Batisse à Chanonat et ses jardins

Une ancienne maison forte dont l’histoire remonte au XIIIe siècle, transformée en gentilhommière au XVIIIe. Le contraste entre l’austérité de la forteresse et l’élégance du parc fait tout le charme du lieu.

Les jardins à la française, inspirés de l’art d’André Le Nôtre, s’étendent sur dix-neuf hectares traversés par la rivière Auzon et portent le label Jardin remarquable : bassins, jets d’eau, grottes en rocaille, labyrinthe de verdure, cascade. Les appartements, décorés de fresques et de tapisseries, abritent un mobilier des XVIe au XVIIIe siècle ainsi que l’atelier du peintre auvergnat Jean de Chasteauneuf.

Parcours enfant et, en été, visites aux lumières sur rendez-vous.
Téléphone : 04 73 79 41 04

L’église Saint-Sidoine d’Aydat

Roman de transition · Remaniée au XIIIe siècle

L'église romane Saint-Sidoine d'Aydat

Une modeste église de style roman dit « de transition », qui recèle un détail rare. Dans le chœur, un chapiteau porte une inscription où figure le nom de Sidoine Apollinaire — l’écrivain et évêque de Clermont du Ve siècle qui possédait une villa au bord du lac.

Peu de communes peuvent revendiquer un lien aussi direct avec un auteur de l’Antiquité tardive.

Le gisant d’Olloix

Ancienne commanderie des Hospitaliers · Accès par Saint-Saturnin

Le gisant d'Odon de Montaigut dans l'église d'Olloix

Olloix fut le siège du plus ancien prieuré de la langue d’Auvergne de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem — les Hospitaliers, ces moines-soldats revenus des croisades. La commanderie est attestée dès 1293, et l’église romane dédiée à saint Jean-Baptiste remonte au XIIe siècle.

Il n’en reste aujourd’hui que la base d’une tour et le chœur de l’église actuelle, qui n’est autre que l’ancienne chapelle de la commanderie. Vers 1700, le commandeur, faute de moyens, fit démolir la plupart des bâtiments ; la chapelle devint église paroissiale en 1703.

L’église abrite le gisant d’Odon de Montaigut, grand prieur des Hospitaliers d’Auvergne, mort vers 1345. La dévotion populaire en a fait un saint local : saint Gouérand, le saint guerrier.
Renseignements en mairie : 04 73 39 32 13


LES MÉGALITHES

Bien avant les Arvernes, bien avant les Romains, des hommes ont dressé ici des pierres. Deux d’entre elles subsistent à portée de voiture.

Le dolmen de Cournols

Le dolmen de Cournols, vestige d'une allée couverte

Ce que l’on voit n’est qu’un fragment. Le monument était à l’origine une allée couverte de onze mètres de long — une longue galerie funéraire. Il n’en subsiste que sept blocs, dont trois supportent l’unique dalle de couverture encore en place.

Songez au chantier : déplacer et lever des blocs de plusieurs tonnes, sans métal, sans roue, il y a quelque cinq mille ans.

Le menhir de Pierre Longue

Entre Phialeix et Fohet · Granit · 4,75 m

Le menhir de Pierre Longue, monolithe de granit

Un monolithe de granit de 4,75 mètres, resté couché pendant des siècles. Et une belle histoire de récupération : jusqu’au XVIIIe siècle, le curé de Saint-Julien attendait à cet endroit les convois mortuaires venant de Fohet. On déposait le cercueil sur le menhir, et il récitait les prières.

Une pierre dressée par des païens il y a des millénaires, devenue autel funéraire chrétien. Le paysage garde les usages bien plus longtemps que les croyances.

Sans quitter la commune : les cabanes en pierre sèche de la montagne de la Serre, les stromatolithes de Chadrat, les pigeonniers, les lavoirs du vieux bourg. De quoi remplir une journée de plus.

Horaires, tarifs et conditions d’accès donnés à titre indicatif ; appelez avant de vous déplacer, en particulier pour les sites soumis à travaux. Page mise à jour en juillet 2026.

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