Chanonat est une commune du département du Puy-de-Dôme

On traverse souvent Chanonat sans la voir, pressé de rejoindre le plateau de Gergovie ou Clermont-Ferrand. C’est aller vite en besogne : ce village de la vallée de l’Auzon aligne deux châteaux, dont l’un aux jardins dessinés dans l’esprit de Le Nôtre, une ancienne commanderie hospitalière, une source ferrugineuse aux dépôts rouges, un chaos granitique chargé de légendes — et la maison d’une famille qui a donné un président de la République.

Le tout à quelques minutes de Saint-Saturnin, entre la chaîne des Puys et la plaine de la Limagne. De quoi remplir une belle demi-journée, à pied de préférence.


LE VILLAGE ET SES TROIS HAMEAUX

Chanonat s’étend au sud de Clermont-Ferrand, entre le plateau de Gergovie et la montagne de la Serre, dans un cadre paysager qui fait la charnière entre volcans et Limagne. La commune réunit trois villages — Chanonat, le chef-lieu, Jussat au nord et Varennes à l’ouest — et quelques lieux-dits, pour un peu plus de 1 700 habitants, les Chanonatois.

Le passé médiéval affleure un peu partout : Chanonat fut le siège d’une commanderie de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dès le XIIIe siècle, dont il subsiste des vestiges, tout comme ceux d’un ancien prieuré des Templiers. On y croise l’église Saint-Étienne, plusieurs croix en pierre de Volvic et un habitat rural typiquement volcanique. Le village est aussi la patrie du poète Jacques Delille (1738-1813), célèbre en son temps pour ses vers sur les jardins et la nature.

Côté terroir, Chanonat appartient à l’aire de l’AOC Côtes-d’Auvergne et participe à la tradition fromagère régionale (Saint-Nectaire, Cantal). La vallée de l’Auzon offre de nombreux départs de randonnée.


LE CHÂTEAU DE LA VARVASSE

D’origine médiévale — un château est mentionné dès 1310 — la Varvasse a été reconstruite en 1565 par François Savaron, puis remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles. Son décor intérieur porte la marque du début du XIXe siècle ; la chapelle date de la fin du même siècle. Le domaine et son parc sont inscrits aux Monuments Historiques depuis 1995.

La demeure doit surtout sa notoriété à une famille : vers 1933-1936, elle est acquise par Edmond Giscard d’Estaing, alors maire de Chanonat et père du futur président de la République. Le château restera propriété de la famille jusqu’à sa vente, en 2020, à un discret acquéreur auvergnat. Il ne se visite pas, mais sa silhouette et son parc arboré, traversé par l’Auzon, font partie du paysage de la commune.


LE CHÂTEAU DE LA BÂTISSE ET SES JARDINS

C’est le grand rendez-vous du village. Édifié au XIIIe siècle comme simple tour de défense, devenu château fort au XIVe, la Bâtisse s’est métamorphosée au XVIIIe siècle en demeure de plaisance. À l’intérieur : salle des gardes, grand salon, fresques, tapisseries et mobilier des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Le château et l’ensemble du domaine sont classés Monuments Historiques.

Ce qu’il ne faut surtout pas manquer

Les jardins, labellisés « Jardin Remarquable » et dessinés dans l’esprit de l’école d’André Le Nôtre : bassins, terrasses, vasques, cascades, perspectives, le tout au bord de l’Auzon et au pied de Gergovie. On y trouve aussi une roseraie, un verger et un labyrinthe de verdure.

La visite en famille : un livret d’enquête lance les enfants à la recherche des animaux cachés dans le parc, et la saison estivale s’accompagne de visites animées, spectacles et installations artistiques. Château et jardins se visitent selon un calendrier saisonnier (généralement de Pâques à l’automne) — vérifiez les horaires avant de venir.


LA SOURCE DE FONT ROUGE

À un ou deux kilomètres à l’ouest du bourg se cache une curiosité : la source de Font Rouge (ou « Fontrouge »). Son eau, très chargée en fer, dépose sur son passage des oxydes rougeâtres qui lui ont donné son nom. Une eau froide, autour de 12 °C, au débit modeste, jadis consommée par les habitants et prescrite contre la chlorose — l’anémie par carence en fer.

Dès les XVIIe et XVIIIe siècles, on la comparait aux eaux réputées de Jaude ou de Saint-Alyre à Clermont-Ferrand. La source se trouve aujourd’hui sur une propriété privée : elle appartient à la mémoire du lieu plus qu’à l’itinéraire de visite, mais elle raconte bien le sous-sol minéral de toute cette partie de l’Auvergne.

La source ferrugineuse de Font Rouge à Chanonat
Dépôts d'oxyde de fer de la source de Font Rouge
Eau rougeâtre de la source de Font Rouge
Abords de la source de Font Rouge, Chanonat

LE CHAOS DE FLORE

À l’écart du village, sur les berges de l’Auzon, le Chaos de Flore aligne de gros blocs de granit dans un décor de forêt et de ruisseau. La tradition locale y voit un lieu de culte néolithique : un dolmen marque l’entrée du chaos, et la légende prête au site un usage rituel, repris ensuite par les Romains autour des divinités de la nature.

On y accède depuis Chanonat par une promenade facile d’environ une heure aller-retour, souvent en longeant la rivière — idéale en famille. Plusieurs circuits plus longs (jusqu’à une dizaine de kilomètres) passent aussi par là, pour les marcheurs confirmés.

En pratique

  • Depuis Saint-Saturnin : quelques minutes de route, au nord, dans la vallée de l’Auzon.
  • Le château de la Bâtisse (château + jardins « Jardin Remarquable ») se visite selon un calendrier saisonnier — horaires et tarifs à vérifier avant de partir.
  • Le château de la Varvasse est une propriété privée qui ne se visite pas ; on l’aperçoit depuis les abords.
  • Le Chaos de Flore se rejoint à pied depuis le village (environ 1 h aller-retour). Le sentier peut être boueux ou pierreux après la pluie : prévoyez de bonnes chaussures.
  • La source de Font Rouge se situe sur un terrain privé : à évoquer plutôt qu’à approcher.

→ Les autres balades aux alentours de Saint-Saturnin

Photographies : saint-saturnin.com. Informations données à titre indicatif ; horaires et modalités de visite variables selon la saison, à vérifier avant de partir. Page mise à jour en juillet 2026.

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