Une petite église de village au pied des monts Dôme, et l’une des histoires les plus étonnantes d’Auvergne : c’est d’ici qu’un curé est parti fonder, sur la prairie canadienne, un autre Ponteix — qui parle encore français aujourd’hui.
Ponteix est un hameau de la commune d’Aydat, sur la D213, à un petit quart d’heure de Saint-Saturnin, près du lac d’Aydat.
L’ÉGLISE NOTRE-DAME D’AUVERGNE
Au cœur du village se dresse l’église Notre-Dame d’Auvergne (aussi appelée Notre-Dame du Ponteix). Un édifice aux proportions modestes mais harmonieuses : une nef unique, sans piliers, terminée par un chevet polygonal ; une façade occidentale à pignon ouverte par un portail à voussures et, au-dessus, une rose ; et un clocher carré coiffé d’une flèche et orné d’une horloge, dont la silhouette se détache au-dessus de la plaine. À l’intérieur, une statue de la Vierge et une autre de Jeanne d’Arc.
Avant d’entrer, remarquez la Fontaine-Calvaire, construite au XIXe siècle, à deux pas de l’église.
Ce qu’il ne faut surtout pas manquer
À l’entrée du village, un accueil inattendu : un plésiosaure — une sculpture bon enfant du reptile marin préhistorique, aussi vivant que le monstre du Loch Ness — qui ravit les enfants et intrigue les passants. Une signature insolite de Ponteix.




DE L’AUVERGNE À LA SASKATCHEWAN
Ponteix doit sa célébrité à un homme : l’abbé Albert-Marie Royer (né à Combronde en 1860), curé du village au début du XXe siècle. Photographe passionné, il arpentait la campagne au pied des monts Dôme et écrivait même des feuilletons d’aventures, les Drames de la Monne, que ses paroissiens dévoraient dans la presse catholique.
Mais il rêvait de fonder une paroisse dédiée à la Vierge. Apprenant que le Canada cherchait à peupler les plaines de la Saskatchewan, il convainc une poignée de ses paroissiens auvergnats de le suivre outre-Atlantique. En 1908, au sud-ouest de la Saskatchewan, il fonde une paroisse et un hameau — Notre-Dame d’Auvergne. Quand le chemin de fer arrive quelques années plus tard, le village se déplace vers le sud et prend le nom de Ponteix, en hommage à sa paroisse d’Auvergne. L’abbé Royer y meurt en 1922, au milieu des siens.
Une statue sauvée des flammes
Royer avait emporté de France une statue médiévale de Notre-Dame d’Auvergne. Par une erreur de la compagnie maritime, elle repartit d’abord vers la France avant d’atteindre le Canada — un voyage de près de deux ans — et fut placée au-dessus du maître-autel en 1909. En 1923, un incendie détruisit l’église de bois ; deux garçons sauvèrent la statue par un soupirail. « Tout a été perdu, absolument tout, sauf la Madone. » Elle est encore vénérée aujourd’hui dans la grande église de briques de Ponteix, en Saskatchewan.
Plus d’un siècle après, Ponteix, en Saskatchewan — près de six cents habitants — demeure une fière communauté francophone (fransaskoise) ; et un pacte d’amitié la relie à Aydat. Deux villages nommés Ponteix, à cinq mille kilomètres l’un de l’autre, nés de la même Auvergne.
En pratique
- Depuis Saint-Saturnin : un petit quart d’heure de route, à Ponteix (commune d’Aydat), sur la D213.
- L’église et le village se découvrent librement ; le plésiosaure garde l’entrée du bourg.
- À proximité : le lac d’Aydat (le plus grand lac naturel d’Auvergne, né d’une coulée de lave) et les autres villages d’Aydat.
- Une association d’Aydat entretient le lien d’amitié avec Ponteix, en Saskatchewan.
→ Les gorges de la Monne, décor des « Drames de la Monne »
→ Les autres balades aux alentours de Saint-Saturnin
Photographies : saint-saturnin.com. Éléments d’après l’Inventaire général du Patrimoine (Région Auvergne-Rhône-Alpes) et les associations « Les Auvergnois de Ponteix » et « Philadelphia » (Aydat). Page mise à jour en juillet 2026.
