À 1 465 mètres, le puy de Dôme est le géant de la Chaîne des Puys, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. De son sommet, un panorama à 360° embrasse quatre-vingts volcans, Clermont-Ferrand, le Sancy — et, par temps clair, le mont Blanc. On y trouve aussi les ruines de l’un des plus grands temples de montagne de la Gaule romaine, et le souvenir d’une expérience qui a changé la science.
À une trentaine de kilomètres de Saint-Saturnin, une quarantaine de minutes de route ; on gagne le sommet en train à crémaillère ou à pied.
Sommaire
LE GÉANT DE LA CHAÎNE DES PUYS
Avec ses 1 465 mètres, le puy de Dôme domine tous les autres volcans de la Chaîne des Puys — un alignement d’environ quatre-vingts volcans (maars, cônes de scories, dômes de lave) qui se déroule du nord au sud. Né il y a près de 11 000 ans, c’est un dôme de lave : un cône tronqué formé par une lave très visqueuse (le trachyte) qui n’a pas pu s’écouler loin du cratère, et qui s’élève de 550 mètres au-dessus de son socle granitique.
Il a donné son nom au département en 1791, et, depuis 2018, toute la Chaîne des Puys — avec la faille de Limagne — est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa géologie exceptionnelle. Volcan emblématique de l’Auvergne, c’est aussi le premier site naturel de la région par sa fréquentation.



LE PANORAMA À 360°
C’est pour lui qu’on monte. Du sommet, l’horizon n’a plus de limites. Au nord, l’alignement hypnotique de la Chaîne des Puys se déroule — les cratères parfaits du puy de Côme et du Pariou. Au sud, les crêtes découpées du Sancy. À l’est, la plaine de la Limagne et Clermont-Ferrand s’étendent à vos pieds, la forêt de la Comté et les monts du Forez au loin.
Ce qu’il ne faut surtout pas manquer
Par temps clair, regardez vers l’est : au-delà de la Limagne, les Alpes et la silhouette du mont Blanc surgissent à l’horizon comme un mirage. Et, en contrebas, l’ombre de la Chaîne des Puys qui s’allonge sur les volcans — la sensation d’être sur le toit de l’Auvergne.






LE TEMPLE DE MERCURE
Le sommet cache un trésor : les vestiges d’un temple gallo-romain du IIe siècle, l’un des plus grands sanctuaires de montagne de l’Empire romain d’Occident. Bâti en pierre de lave (le trachyte) sur un premier temple en arkose devenu trop petit, il couvrait quelque 3 600 m², organisé en terrasses étagées épousant le relief, avec une cella carrée et un vaste pronaos.
Les pèlerins montaient depuis l’agglomération du col de Ceyssat, point le plus haut de la voie d’Agrippa qui reliait Lyon à Saintes.
Mercure Dumias, le dieu du Dôme
Le temple était dédié à Mercure Dumias — « Mercure du Dôme » —, protecteur des voyageurs et des marchands : un nom romain donné à un dieu déjà vénéré par les Arvernes sous le nom de Lug. Pline l’Ancien affirmait même qu’une statue colossale de Mercure, œuvre du sculpteur grec Zénodore, s’y dressait — mais on n’en a jamais retrouvé la moindre trace.
Abandonné vers le IVe siècle, le temple tomba dans l’oubli pendant des siècles, jusqu’à réapparaître en 1872, lors de la construction de l’observatoire météorologique. Les fouilles successives (à partir de 1873, puis 1901-1906, puis 2000-2004) en révélèrent le plan et une statuette de Mercure en bronze qui confirma sa dédicace. Une restauration récente a relevé une partie des murs — toutes les pierres n’ont pas deux mille ans, mais on mesure enfin la taille réelle du monument.







UN SOMMET D’HISTOIRES
L’expérience de Pascal (1648)
Le 19 septembre 1648, pour le compte de Blaise Pascal — né à Clermont —, son beau-frère Florin Périer gravit le puy de Dôme muni de baromètres à mercure. La colonne de mercure baisse à la montée et remonte à la descente : la preuve que la « suspension des liqueurs » n’était pas due à « l’horreur du vide », mais au poids de l’air — la pression atmosphérique. Une expérience fondatrice de la physique moderne, et la raison pour laquelle l’unité de pression s’appelle le pascal.
Le sommet n’a jamais cessé de collectionner les histoires. En 1862, une « éruption artificielle » est mise en scène pour Napoléon III et l’impératrice Eugénie, à grand renfort de fagots et d’une tonne de résine et d’huile. En 1908, les frères Michelin promettent 100 000 francs-or au premier pilote qui, parti de Paris, poserait son avion là-haut — exploit réussi par Eugène Renaux le 7 mars 1911. Et l’observatoire météorologique bâti en 1872 scrute toujours le ciel, sous l’antenne de 89 mètres dressée dans les années 1950.
En pratique
- Depuis Saint-Saturnin : environ 30 km, une quarantaine de minutes jusqu’à la gare de départ du Panoramique des Dômes (près d’Orcines, à l’ouest de Clermont-Ferrand).
- Monter au sommet : le Panoramique des Dômes, train électrique à crémaillère, en ~15 minutes (seul accès motorisé) ; ou à pied par le chemin des Muletiers depuis le col de Ceyssat (~2 km de montée, la voie des pèlerins).
- Le temple de Mercure et un espace d’accueil (gratuit : panneaux, film) se découvrent librement.
- Sommet très exposé, souvent plus frais et venté qu’en bas : prévoyez une veste, même en été. Une webcam du sommet permet de vérifier la météo avant de monter.
- Spot réputé de parapente.
→ Le plateau de Corent, capitale des Arvernes
→ Les autres balades aux alentours de Saint-Saturnin
Photographies : saint-saturnin.com. Éléments d’après le Conseil départemental du Puy-de-Dôme et Wikipédia. Horaires du Panoramique des Dômes variables selon la saison : vérifiez avant de venir. Page mise à jour en juillet 2026.
