Une mare qui bouillonne comme si l’eau bouillait à froid, des prés salés et des plantes de bord de mer qui poussent à plus de trois cents kilomètres de l’océan : les sources du Saladis, au bord de l’Allier, sont l’une des plus étonnantes curiosités naturelles d’Auvergne.
Aux Martres-de-Veyre, à moins d’un quart d’heure de Saint-Saturnin, au pied du plateau de Gergovie.
UNE EAU QUI BOUILLONNE
À la sortie sud des Martres-de-Veyre, près d’un méandre de l’Allier, deux sources émergent : le Grand Saladis, une mare de quelques mètres, et le Petit Saladis, une résurgence canalisée. Leur eau remonte des profondeurs, chargée de gaz carbonique, de sel (chlorure de sodium), de fer et de minéraux, à environ 22-23 °C. Elle jaillit le long d’une grande faille géologique dont le lit de l’Allier semble suivre le tracé.
Au Grand Saladis, des chapelets de bulles de CO2 montent sans cesse à la surface, échappés de grosses poches de gaz emprisonnées dans le sol de toute la commune : l’eau semble bouillir, à froid. Le Petit Saladis, teinté de rouge par le fer, paraît frémir avant de se perdre en contrebas dans un « pré salé ». Par endroits, la mare est bordée de travertin, cette roche claire déposée par les eaux riches en carbonates.
Ce qu’il ne faut surtout pas manquer
Le Grand Saladis et son « ébullition » froide — ces chapelets de bulles de gaz carbonique qui crèvent la surface — et, juste de l’autre côté du chemin, le Petit Saladis aux reflets rougeâtres. Un rare spectacle d’eau restée sauvage.


UNE FLORE DE BORD DE MER
Ce qui rend le site vraiment unique est d’abord invisible : ses plantes. La salinité de l’eau permet le développement d’une flore maritime — des végétaux qu’on ne rencontre d’ordinaire qu’en bord de mer. Autour des griffons (les points d’émergence des sources), on repère le glaux maritime, le plantain maritime, la spergulaire marginée ou le troscart des marais.
Un air de bord de mer en pleine Limagne
L’Auvergne compte plus de 600 sources minérales, mais seule une quinzaine est assez salée pour accueillir cette flore maritime — surtout en Limagne et dans le pays des Couzes. Le site est classé Natura 2000 et géré par le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne, qui veille sur ces prés salés fragiles.

CONNUES DEPUIS L’ANTIQUITÉ
Ces eaux furent très tôt réputées pour leurs vertus, et l’étaient déjà dans l’Antiquité — rien d’étonnant aux Martres-de-Veyre, grand site gallo-romain (une nécropole et un célèbre atelier de céramique sigillée). Leur renommée a même nourri, bien plus tard, un ancien projet thermal resté sans suite. Tout autour, le paysage raconte sa propre histoire géologique : les terrasses alluviales de l’Allier et la falaise ravinée de Sainte-Marguerite, où l’on exploitait les calcaires marneux pour la chaux et les gypses pour le plâtre.
En pratique
- Depuis Saint-Saturnin : moins d’un quart d’heure de route, aux Martres-de-Veyre (rue des Graviers), au bord de l’Allier.
- Accès libre, avec un parking à proximité immédiate ; le site se découvre à pied.
- Site fragile et protégé : restez sur les aménagements, ne piétinez pas la prairie salée, baignade interdite, eau non potable, pas de véhicules hors des zones de stationnement.
- Une boucle d’environ 6,5 km (1h30) traverse la plaine de la Ribeyre au départ des sources ; des panneaux racontent l’histoire, la géologie et l’écosystème. Idéal en famille.
- À proximité : la source des Rocs Bleus (~500 m, au bord de l’Allier) et le plateau de Gergovie.
→ Le plateau de Corent, aux portes de Gergovie
→ Les autres balades aux alentours de Saint-Saturnin
Photographies : saint-saturnin.com. Éléments d’après le Conservatoire d’espaces naturels d’Auvergne et la commune des Martres-de-Veyre. Site naturel protégé : merci de respecter la flore et de rester sur les cheminements. Page mise à jour en juillet 2026.
